La Roue de l'Année : les 8 sabbats wiccans, leurs dates et leur sens

La Roue de l'Année : les 8 sabbats wiccans, leurs dates et leur sens — Le Portail des Mystères

Il y a un moment, dans toute pratique, où l'on cesse de célébrer au hasard. On comprend que les fêtes ne sont pas une liste de dates à cocher mais un seul mouvement : la roue de l'année, qui tourne de la nuit la plus longue à la nuit la plus longue, en huit stations.

Dans ce guide, vous trouverez les dates exactes des huit sabbats pour 2026 et 2027, ce que chacun signifie vraiment, ses correspondances usuelles — et, pour chaque station, un seul geste tenable quand la vie va vite. Vous trouverez aussi ce que l'on raconte rarement : d'où vient réellement ce calendrier, et lesquelles de ces fêtes sont anciennes.

Au sommaire de cet article

La roue de l'année : d'où vient réellement ce calendrier ?

La roue de l'année telle que nous la pratiquons aujourd'hui est un assemblage, et le savoir ne lui enlève rien — au contraire, cela permet de la pratiquer les yeux ouverts.

Quatre fêtes du feu attestées, quatre stations solaires ajoutées

Quatre de ces huit fêtes sont historiquement documentées : les fêtes du feu gaéliques — Imbolc, Beltane, Lughnasadh et Samhain. On les trouve dans la littérature irlandaise ancienne : le récit Tochmarc Emire, du Xe siècle, énumère Samhain comme la première des quatre fêtes saisonnières de l'année. Elles scandaient une vie pastorale : la sortie des bêtes vers les pâturages d'été, leur rentrée avant l'hiver.

Les quatre autres — les solstices et les équinoxes — sont des événements astronomiques, marqués de longue date dans le monde germanique et anglo-saxon, mais qui n'appartenaient pas au même calendrier que les fêtes gaéliques. C'est leur réunion en un cycle unique de huit points qui est moderne : elle se met en place au milieu du XXe siècle, dans l'entourage de Gerald Gardner (Wicca) et de Ross Nichols (Order of Bards, Ovates and Druids). Le récit d'une harmonisation convenue entre les deux hommes circule beaucoup ; il relève davantage du récit fondateur que du document.

Litha, Ostara, Mabon : des noms de 1974

Trois noms de sabbats que tout le monde emploie aujourd'hui sont récents. Aidan Kelly les a attribués en 1974 aux trois stations solaires qui n'en avaient pas : Litha pour le solstice d'été, Ostara et Mabon pour les deux équinoxes. Ils se sont diffusés par la revue Green Egg et sont devenus l'usage.

  • Litha vient des mois anglo-saxons Liða mentionnés par Bède, que l'on traduit par « doux » ou « navigable ».
  • Ostara est une reconstruction : Jacob Grimm, en 1835, postule une déesse continentale d'après l'Ēostre dont Bède écrit, dans son De temporum ratione, que le mois d'avril anglo-saxon portait le nom.
  • Mabon est une création de Kelly, en référence à Mabon ap Modron, figure de la mythologie galloise — le nom n'a jamais désigné une fête ancienne.

Pour qui veut remonter aux sources, l'ouvrage de référence reste The Stations of the Sun: A History of the Ritual Year in Britain de Ronald Hutton (Oxford University Press, 1996). Du côté de la pratique, Eight Sabbats for Witches de Janet et Stewart Farrar (1981) a fixé pour des décennies la forme des rituels de sabbat.

« La roue n'a pas besoin d'être ancienne pour être vraie. Elle a besoin d'être habitée. »

Les dates des 8 sabbats en 2026 et 2027

Quatre sabbats tombent à date fixe, quatre dépendent de l'astronomie et changent donc chaque année d'heure et parfois de jour. Les heures ci-dessous sont données en heure de Paris ; elles proviennent des éphémérides de l'IMCCE.

Sabbat Nature Date 2026-2027
Samhain Fête du feu, date fixe 31 octobre 2026 (au crépuscule) → 1er novembre
Yule Solstice d'hiver lundi 21 décembre 2026 à 21 h 50
Imbolc Fête du feu, date fixe 1er-2 février 2027
Ostara Équinoxe de printemps samedi 20 mars 2027 à 21 h 24
Beltane Fête du feu, date fixe 30 avril (au crépuscule) → 1er mai 2027
Litha Solstice d'été lundi 21 juin 2027 à 16 h 10
Lughnasadh Fête du feu, date fixe 1er août 2027
Mabon Équinoxe d'automne jeudi 23 septembre 2027 à 8 h 01

Pour mémoire, le solstice d'hiver suivant tombe le mercredi 22 décembre 2027 à 3 h 42 : Yule change de jour cette année-là, ce qui arrive régulièrement.

Pourquoi les dates fixes ne coïncident pas avec le milieu de saison

Les quatre fêtes du feu sont censées marquer les points médians entre un solstice et un équinoxe. Dans les faits, le vrai point médian astronomique tombe quelques jours après la date traditionnelle : début février, début mai, début août, début novembre. Certaines praticiennes célèbrent ce point médian réel plutôt que le 1er du mois. Les deux usages se défendent : le calendrier fixe est celui de la tradition transmise, le point médian celui du ciel.

La veille au crépuscule, et l'hémisphère sud

Beaucoup de sabbats s'ouvrent au crépuscule de la veille, héritage d'un décompte des jours qui commence à la nuit tombée et non à minuit. C'est particulièrement vrai pour Samhain et Beltane.

Dans l'hémisphère sud, la roue est inversée : décaler de six mois. Yule s'y célèbre en juin, Samhain au 30 avril – 1er mai. Suivre le calendrier de l'hémisphère nord sous un ciel austral revient à fêter la renaissance du soleil en plein cœur de l'été — certaines le font par fidélité à leur lignée, d'autres choisissent le ciel sous lequel elles vivent.

Les 8 sabbats un par un : sens, correspondances, geste simple

Les correspondances qui suivent sont celles qu'on retrouve dans la littérature wiccane contemporaine, Cunningham et les Farrar en tête. Ce sont des conventions utiles, pas des lois : votre pratique peut les amender.

Yule — la nuit qui retourne la lumière

La nuit la plus longue, et le moment exact où elle commence à raccourcir. Yule vient du vieux norrois jól et du vieil anglais ġēol ; Bède rapporte que les Anglo-Saxons appelaient Giuli à la fois décembre et janvier, et que leur année s'ouvrait le 25 décembre sur une fête nommée Mōdraniht, la Nuit des Mères. Jólnir, « l'homme de Yule », est l'un des noms d'Odin.

  • Couleurs : rouge profond, vert sombre, blanc, or vieilli
  • Pierres : grenat, cornaline, cristal de roche, obsidienne neige
  • Plantes : houx, lierre, gui, sapin, cannelle, clou de girofle, orange
  • Encens : oliban, myrrhe, pin, cannelle
  • Table : fruits secs, oranges piquées de clous de girofle, vin chaud, bûche
  • Symboles : le Roi Chêne qui reprend la main sur le Roi Houx, la roue solaire, la bûche

Le geste simple : éteignez tout, le soir du solstice, et restez un moment dans le noir complet. Puis allumez une seule bougie. C'est tout le sabbat, en une minute.

Imbolc — la première lumière sous la neige

Du vieil irlandais, probablement i mbolc, « dans le ventre » : les brebis sont pleines. Le Glossaire de Cormac (Xe siècle) propose oí-melg, « lait de brebis », que les linguistes tiennent plutôt pour une étymologie populaire. Fête de Brigid, absorbée par la Sainte-Brigitte : croix de joncs tressées aux portes, poupée Brídeóg promenée de maison en maison, lit préparé pour la visite de la sainte, puits visités. C'est aussi, très concrètement, la fête du grand nettoyage.

  • Couleurs : blanc, crème, vert pâle, lavande claire
  • Pierres : améthyste, calcite blanche, cristal de roche, turquoise
  • Plantes : perce-neige, romarin, laurier, bruyère, basilic
  • Encens : myrrhe, cannelle, oliban
  • Table : lait, beurre, miel, crêpes, pain, graines

Le geste simple : allumez toutes les lumières de la maison en même temps, dix minutes. Et videz un seul tiroir.

Ostara — l'équilibre, puis la poussée

L'équinoxe : jour et nuit à égalité, et à partir de là la lumière gagne. Soyons honnêtes sur les sources : Bède mentionne Ēostre comme déesse ayant donné son nom au mois d'avril, et rien de plus — ni lièvre, ni œuf. Le lièvre et l'œuf viennent de traditions et de spéculations savantes postérieures, surtout du XIXe siècle. Cela n'empêche pas de les utiliser : ce sont de bons symboles de germination. Cela empêche de les présenter comme antiques.

  • Couleurs : vert tendre, jaune pâle, rose, lavande
  • Pierres : aventurine verte, amazonite, quartz rose, jaspe rouge
  • Plantes : jonquille, violette, primevère, trèfle, bouleau
  • Encens : jasmin, fleur d'oranger, benjoin
  • Table : œufs, graines germées, laitages frais, miel

Le geste simple : semez quelque chose. Trois graines dans un pot de yaourt suffisent — l'important est de s'engager à les arroser jusqu'à Beltane.

Beltane — le feu et le seuil de l'été

Du vieil irlandais Bel(l)taine. Les textes irlandais médiévaux glosent « feu de Bel », mais ce Bel n'apparaît nulle part ailleurs dans la littérature ancienne ; les hypothèses les plus solides partent d'une racine indo-européenne *bʰel-, « briller », associée au vieil irlandais tene, « feu ». Les coutumes attestées sont des coutumes de feu et de bétail : deux feux allumés par friction, les bêtes conduites entre eux, la rosée du matin de mai recueillie sur le visage, le May Bush — une branche d'aubépine ou de sorbier ornée de rubans.

  • Couleurs : vert vif, blanc, rouge
  • Pierres : malachite, cornaline, jaspe, aventurine
  • Plantes : aubépine, sureau, muguet, sorbier, souci
  • Encens : rose, bois de santal, lilas
  • Table : bannock de Beltane, lait, miel, premières fraises

Le geste simple : sortez au lever du jour le 1er mai et passez la rosée sur votre visage. C'est le rituel de Beltane le mieux documenté, et il ne coûte rien.

Litha — l'apogée, et déjà le basculement

Le jour le plus long. Litha est aussi le sabbat le plus ambivalent : le soleil est au sommet, donc il va descendre. Dans l'imagerie wiccane, le Roi Houx reprend la couronne au Roi Chêne. C'est traditionnellement le moment de la récolte des herbes, cueillies au matin du solstice.

  • Couleurs : or, orange, jaune, vert profond
  • Pierres : citrine, ambre, pierre de soleil, œil-de-tigre
  • Plantes : millepertuis, verveine, camomille, lavande, armoise, chêne
  • Encens : lavande, oliban, romarin
  • Table : miel, hydromel, fruits rouges, herbes fraîches

Le geste simple : cueillez une poignée d'herbes aromatiques au matin du solstice et faites-les sécher. Vous les brûlerez à Yule, six mois plus tard — la roue devient tangible.

Lughnasadh — les prémices et le pain

Lughnasadh = Lug (le dieu Lugh) + násad, « assemblée ». La tradition irlandaise en fait une fête instituée par Lugh en mémoire de Tailtiu, sa mère nourricière, déesse de la terre associée à la végétation qui meurt pour nourrir les hommes. Les coutumes attestées : offrande des prémices, festin des nouvelles récoltes, courses et jeux, ascension des collines, cueillette des myrtilles. Le nom anglo-saxon Lammas vient de hlāfmæsse, la « messe du pain ».

  • Couleurs : or, ocre, bronze, rouge profond
  • Pierres : citrine, œil-de-tigre, cornaline, aventurine
  • Plantes : blé, orge, tournesol, mûre, myrtille, basilic
  • Encens : bois de santal, romarin, oliban
  • Table : pain cuit maison, premières céréales, myrtilles

Le geste simple : faites du pain, même avec une préparation toute prête, et donnez-en la première part — à quelqu'un, aux oiseaux, à la terre.

Mabon — la deuxième moisson et le compte des récoltes

Deuxième équinoxe, deuxième équilibre, mais celui-ci penche vers la nuit. Nom druidique gallois : Alban Elfed. C'est le sabbat de la gratitude lucide : on regarde ce que l'année a donné, et aussi ce qu'elle n'a pas donné.

  • Couleurs : brun, bordeaux, orange brûlé, or sombre
  • Pierres : cornaline, ambre, agate, lapis-lazuli
  • Plantes : pomme, vigne, lierre, sauge, souci, gland
  • Encens : benjoin, myrrhe, cannelle
  • Table : pommes, raisin, noix, pain, cidre

Le geste simple : écrivez trois récoltes de votre année — pas trois réussites, trois récoltes. Ce n'est pas la même chose.

Samhain — la fin de l'année et la part des absents

Du vieil irlandais samain. L'étymologie traditionnelle le rattache à « fin de l'été », mais elle est discutée : une lecture plus récente part du proto-celtique *samoni, « assemblée » — Xavier Delamarre évoque une « assemblée des vivants et des morts ». Début de l'année wiccane, et moment où l'on honore les défunts.

  • Couleurs : noir, prune, orange profond, or vieilli
  • Pierres : obsidienne, onyx, jais, améthyste, labradorite
  • Plantes : armoise, pomme, courge, chrysanthème, sureau
  • Encens : myrrhe, armoise, benjoin
  • Table : repas silencieux, pommes, courge, noix, et une part laissée pour les absents

Le geste simple : une bougie à la fenêtre, et le nom de quelqu'un dit à voix haute. Le détail du rituel complet est dans notre guide de Samhain.

Pour les correspondances minérales et végétales de chaque station, nos pierres naturelles et nos plantes et herbes magiques permettent de constituer peu à peu huit petits lots de saison, qu'on ressort chaque année.

Suivre la roue sans s'épuiser

Huit sabbats, c'est une fête toutes les six à sept semaines. Beaucoup de pratiquantes tiennent un an, puis laissent tomber. La cause est presque toujours la même : des rituels trop longs pour la vie qu'elles mènent.

Le minimum qui tient

  • Une bougie de la couleur du sabbat, allumée cinq minutes. Rien d'autre. Une bougie par station, soit huit bougies rituelles sur l'année, suffit à marquer la roue entière.
  • Un seul geste matériel — celui que j'ai indiqué pour chaque sabbat ci-dessus. Il relie la fête au monde réel, ce qu'une méditation seule ne fait pas.
  • Trois lignes écrites : la date, ce qu'il faisait dehors, ce que vous avez ressenti. C'est l'archive la plus précieuse d'une pratique.

Noter la roue dans son grimoire

La roue se révèle à la deuxième année, quand on peut comparer. Réservez huit doubles pages de votre grimoire — une par sabbat — et revenez-y chaque année sur la même page. Au bout de trois ans, vous verrez apparaître vos cycles personnels : les sabbats qui vous portent, celui que vous esquivez toujours. C'est là que la roue cesse d'être un calendrier emprunté et devient la vôtre.

✦ Conseil de la Sorcière ✦
Ne commencez pas par Yule parce que c'est le début du cycle solaire. Commencez par le sabbat qui vient — celui qui est dans trois semaines. J'ai vu trop d'apprenties attendre janvier pour « bien démarrer » et ne rien faire du tout. La roue tourne de toute façon : montez dessus là où elle passe.

Pour aller plus loin avec la roue de l'année

La roue n'est pas une obligation religieuse, c'est un cadre d'attention. Elle oblige à regarder dehors huit fois par an, à noter la lumière, à constater qu'elle revient. Dans une vie d'intérieur et d'écrans, c'est déjà beaucoup.

Le plus simple est d'ouvrir le guide du prochain sabbat et de s'y tenir :

Et si vous ne gardez qu'une chose : notez la date du prochain sabbat dans votre agenda, maintenant, avec une alerte la veille au crépuscule.

Cet article est rédigé à des fins informatives et spirituelles. Les pratiques décrites ne se substituent en aucun cas à un avis ou un traitement médical. En cas de doute, consulter un professionnel de santé.

Questions fréquentes sur la roue de l'année

Quels sont les 8 sabbats de la roue de l'année ?

Dans l'ordre du cycle : Samhain (31 octobre), Yule (solstice d'hiver, vers le 21 décembre), Imbolc (1er février), Ostara (équinoxe de printemps, vers le 20 mars), Beltane (1er mai), Litha (solstice d'été, vers le 21 juin), Lughnasadh (1er août) et Mabon (équinoxe d'automne, vers le 22 septembre). Quatre sont des fêtes du feu à date fixe, quatre sont des événements astronomiques dont l'heure change chaque année.

La roue de l'année est-elle une tradition ancienne ?

En partie seulement. Les quatre fêtes du feu gaéliques — Imbolc, Beltane, Lughnasadh, Samhain — sont attestées dans la littérature irlandaise ancienne. Les solstices et équinoxes étaient marqués de longue date dans le monde germanique. Mais leur réunion en un cycle unique de huit sabbats date du milieu du XXe siècle, et les noms Litha, Ostara et Mabon ont été attribués en 1974 par Aidan Kelly.

Quelle est la date de Yule en 2026 ?

Le solstice d'hiver 2026 a lieu le lundi 21 décembre à 21 h 50, heure de Paris. Beaucoup de praticiennes ouvrent la célébration au crépuscule du 20 et veillent la nuit la plus longue jusqu'à l'aube du 21.

Faut-il célébrer les 8 sabbats pour être wiccane ?

Non. Beaucoup de praticiennes n'en marquent que trois ou quatre, ceux qui résonnent avec leur vie et leur climat. Mieux vaut quatre sabbats réellement vécus que huit cochés par devoir. La roue est un cadre, pas un examen.

Comment célébrer un sabbat quand on manque de temps ?

Une bougie allumée cinq minutes, un geste matériel lié à la saison (semer, cueillir, cuire, ranger) et trois lignes notées. Ces trois éléments tiennent en un quart d'heure et contiennent l'essentiel : marquer la date, toucher la saison, garder une trace.

Comment adapter la roue de l'année dans l'hémisphère sud ?

En décalant de six mois : Yule en juin, Litha en décembre, Samhain au 30 avril – 1er mai. Certaines praticiennes conservent les dates de l'hémisphère nord par fidélité à leur lignée d'enseignement ; d'autres suivent le ciel réel sous lequel elles vivent. Les deux choix sont pratiqués et défendables.

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